Président, les jours passent mais on imagine que la douleur reste intacte, au sein de la famille NBH.
Ce qui s’est passé est un drame pour le club, une terrible épreuve, très compliquée à vivre de l’intérieur. En interne, la cellule de crise élaborée suite à cette tragédie a été bien articulée. Chacun a joué son rôle, on a tenté de tout mettre en œuvre pour s’en sortir. Une cellule psychologique a par exemple été proposée aux joueurs. On a décrété l’union sacrée, car plus que jamais, on doit rester soudés.

Avez-vous reçu des marques de soutien en nombre ?
Oui, tout à fait. La Ligue Nationale de Basket (LNB) nous a beaucoup accompagné. C’est dans ces moments terribles que l’on se rend particulièrement compte que l’on fait partie d’une association solide et solidaire. Les élus de la Métropole ont également été très touchés par ce drame, de même que les autres acteurs du sport nantais, je pense en particulier au VB Nantes, au Nantes Rezé Basket ou au FC Nantes, lui aussi touché d’ailleurs par une terrible nouvelle avec la disparition d’Emiliano Sala. Il y a eu une unité aussi entre toutes les composantes du basket régional. Toutes ces marques d’affection nous ont fait chaud au cœur.

A l’occasion de la réception de Nancy, la Trocardière a également rendu un hommage poignant à Jermaine…
Oui, bénévoles, joueurs, staff, dirigeants et salariés avaient revêtu un tee-shirt blanc à l’effigie de Jermaine. On a également voulu que le numéro 6 ne soit plus jamais porté au NBH. La photo et le maillot du joueur ont aussi été accrochés sur une tribune, au moins jusqu’à la fin de saison. Comme l’a souligné notre manager Audrey Sauret ce soir-là au micro, on a perdu un joueur talentueux certes, mais surtout une belle personne. Jermaine était un homme charmant, agréable à vivre au quotidien, arrivant avec un quart d’heure d’avance à chaque entrainement… Il était très proche de Jean-Baptiste Lecrosnier (le coach), en permanence à l’écoute, guidé par l’envie d’évoluer individuellement comme collectivement. Il restera à jamais un joueur du NBH dans nos cœurs.

Cette tragédie peut-elle donner un supplément d’âme à l’équipe ?
Je l’espère. Nous ne pourrons pas oublier, mais notre devoir nous impose d’avancer. J’ai tenu à m’adresser à tous les membres du club pour les remercier de leur attitude pendant cette période difficile. Le groupe professionnel vit bien, et je reste optimiste sportivement concernant cette fin de saison. Structurellement, le club a digéré son changement de statut, on a changé de salle, de manager aussi cet été, et aujourd’hui on continue de fédérer, puisqu’une vingtaine de nouveaux actionnaires nous rejoindront d’ici fin mars. Après ce que l’on vient de traverser, on se doit de regarder vers l’avant.

 

 

La Troc’, théâtre du Trophée du Futur 2020 
Mi-janvier, le Comité Directeur de la LNB a voté l’attribution de l’édition du Trophée du Futur 2020 au NBH. Un événement en soi, puisque c’est la première fois qu’un club de Pro B se voit confier cette compétition (sous sa nouvelle formule). Le Trophée du Futur ? « The place to be » pour tous les Rookies. L’an prochain, durant 3 jours de compétition, ce tournoi regroupera donc à La Trocardière le Top 8 du Championnat de France Espoirs Jeep Élite 2019/2020, avec des équipes qui s’affronteront dans une formule de Coupe à élimination directe. Un incontournable du calendrier, qui devrait attirer les « scouts » NBA… et le public nantais.

RECRUTEMENT

Sterling Gibbs en renfort sur la base arrière

Il est le nouveau visage de ce NBH 2019. Début février, le combo guard américain Sterling Gibbs s’est engagé à Nantes. A 25 ans, le natif du New Jersey a déjà largement arpenté le continent européen, évoluant en Russie ou encore en Hongrie (en 2018, il a compilé 21.5 points de moyenne et une évaluation moyenne de 19.5, avec Kaposvari, club de D1 hongrois).
Depuis octobre, Gibbs évoluait en Grèce, sous les couleurs de Kolossos Rodou. « Ce n’est vraiment pas un problème pour moi de quitter une première division européenne pour rejoindre cette Pro B. Ici, le basket est plus physique, plus rapide : ça colle bien au joueur que je suis », atteste le combo guard, reconnu pour ses qualités de vitesse et d’adresse à 3 points. « Je sais à quel point le contexte actuel est compliqué avec la disparition brutale de Jermaine, mais j’arrive à Nantes en parfaite conscience de tout cela. J’espère sincèrement pouvoir aider l’équipe à maintenir ses objectifs de début de saison et je ferai tout pour. »

« On cherchait un joueur humainement capable de s’intégrer dans le vestiaire », ont précisé à l’unisson la manager général Audrey Sauret et le coach Jean-Baptiste Lecrosnier. « Sterling n’est pas un inconnu pour moi, puisque je l’avais déjà scouté il y a deux saisons et lorsque nous avons envisagé de nous renforcer, c’est son nom qui est ressorti naturellement », a par ailleurs confié le technicien du NBH.