Co-président avec Hervé Maura, Jean-Marc Allègre vit avec bonheur la montée en puissance de son club. En veillant, toujours, à conserver l'identité d'un Stade Nantais qui, après avoir essuyé des tempêtes par le passé, a de bonnes raisons de voir pointer le soleil à l'horizon.  

2019 sera, sur et hors terrain, une année dense... Une vitrine idéale pour le club ?

Le rugby aura évidemment une place particulière en 2019, avec la Coupe du Monde au Japon. Tout le monde a aussi l'œil déjà rivé sur 2023, puisque cela se tiendra en France, et que quatre ans, cela passe vite (sourire). Pour ce qui est de Nantes, en 2019 la ville aura le plaisir d'accueillir le Congrès annuel de la FFR (les 28 et 29 juin). Sur cette édition, 2200 représentants de la Fédération française de rugby viendront débattre des grandes questions et évaluer les forces en présence. A notre échelle, nous savons que nous possédons des éléments très moteurs sportivement, mais il faut y associer les axes financiers et structurels. Et je pense que sans ce dernier, les deux autres, aussi bien portants soient-ils, ne peuvent être suffisants...

Se structurer, c'est sortir de l'amateurisme en somme.

Oui, il n'y a rien de péjoratif dans le mot “amateurisme”. Sauf que pour passer un cap, pour répondre, aussi, à un cahier des charges extrêmement exigeant dès la Pro D2, il faut passer par cette étape. Notre ambition avec Hervé (Maura), depuis plus de deux ans, est de faire avancer le club, pas de stagner. D'où le choix de passer en Société par Actions Simplifiée en janvier.

Qu’en est-il de votre qualité d'accueil, à savoir votre stade… et le projet Beaujoire ?

La Beaujoire, c'est très bien... mais cela voudrait dire en post-Mondial 2023... c'est à dire dans presque cinq ans ! Si d'ici deux ans nous étions amenés à monter en Pro D2, nous ferions comment ? Un dossier a été déposé pour la réalisation de travaux à Laporte. Notre frein numéro 1 est l'éclairage, d'où le fait que nous n'ayons pas pu être télévisé contre Dax, rappelons-le...

« La Beaujoire, c’est très bien, mais cela voudrait dire en post-mondial 2023… »

Quels sont les axes de développement ?

Notre leitmotiv est de porter haut un jeu, une identité nantaise, de faire la part belle à la formation. Et je peux vous assurer que nous voyons émerger d'excellents éléments chez nos jeunes. On se rend bien compte que pour plus de solidité, il nous faudrait un leader à l'avant et un autre à l'arrière. On s'est tous retrouvé orphelins de « Fede » (Federico Negrillo, l’Argentin emblématique de retour au pays cet été) mais cela n'a pas empêché le groupe de se construire avec force. On a vraiment foi en nos choix, il n'y a pas de brebis galeuse. Des choix humains ont été effectué : il n'y a pas d'affect de circonstance.

L'avenir se dessinera donc sur le même modèle que l'actuel concernant le recrutement... y compris en cas de montée ?

Complètement. Regardez : à notre arrivée, on a sauvé notre peau de justesse. L'an dernier, on termine quart de finaliste. Même si on voudrait faire encore mieux, ce ne sera pas en vendant notre âme. Sur huit clubs pouvant sportivement prétendre à l'accession en Pro D2 au moment des play-offs, deux ou trois maximum pourraient l'assumer. Alors soit tu as un portefeuille à 6 millions d'euros comme Rouen, soit tu mises sur tes hommes : des JIFF (ndlr : joueurs issus des filières de formation), des mecs qui mouillent le maillot pour le collectif. Cela prend sûrement plus de temps, mais quand je vois nos bénévoles, nos partenaires, et bien sûr nos joueurs vivre le projet à 100%, alors je me dis qu’on ne changerait pour rien au monde.