Alberto, vous raccrochiez le maillot de joueur en juin 2016 pour enfiler la veste de coach adjoint, un mois après. Comment avez-vous vécu cette transition ?

Quand j'ai pris ma retraite, je n'avais pas de visibilité sur l'année qui allait se profiler. Avec le recul, je peux dire aujourd’hui que cela a été une saison magnifique, à tout point de vue, que cela soit humainement ou sportivement. Je me suis senti parfaitement en phase avec le club et l'équipe. Je me sens désormais parfaitement prêt dans ce nouveau rôle. Je suis donc très heureux de repartir dans les mêmes fonctions, avec peut-être même un investissement encore plus dense au quotidien, dans mon rôle auprès de Thierry et des joueurs.

Aviez-vous des doutes quant à vos capacités et à votre épanouissement « de l'autre côté du miroir », vous qui étiez encore sur le parquet récemment ?

Bien sûr ! « Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que cela va me plaire ? » : j'avais de nombreuses interrogations, mais toutes liées à moi, pas au club ou aux relations avec les différentes personnes au H. Je m'inquiétais de savoir si les joueurs, les dirigeants, et Thierry allaient me considérer apte dans cette nouvelle aventure.

J'ai très rapidement aimé m'occuper de tout ce qui touchait au jeu, à la stratégie et l'analyse. En tant qu'adjoint, j'ai pu me focaliser un peu plus spécifiquement là-dessus. Je ne pars plus de zéro. Les choses mettent du temps, les bénéfices ne sont pas immédiats, mais je crois que cela a payé en fin de saison, notamment dans la précision en attaque et en défense. Et puis, c’est Thierry qui reste le boss, qui orchestre le tout.

« Le H, c'est un club que j'adore »

Le HBC Nantes devient de fait encore un peu plus votre maison, avec ce contrat vous amenant sous ses couleurs jusqu'en 2020.

C'est une magnifique opportunité que Gaël (Pelletier, le Président) m'a offerte en me proposant ce contrat de 3 ans. Je le remercie pour cette incroyable confiance qui est la sienne depuis le début de notre histoire commune. Pouvoir continuer ma route avec le H, un club que j'adore, c'est exceptionnel. Après Ciudad Real, c’est le club où j'ai passé le plus temps (ndlr : il termine sa cinquième année à Nantes). Je ne peux parler que de bonnes choses vécues ici, on développe un projet très riche et très motivant qui ne demande qu'à grandir.

Vous attendiez-vous, en posant tout votre vécu ici en juillet 2012, à vivre pareille progression, aussi rapidement ?

Il y a six ans, l'envie de pousser l'équipe et le club vers le meilleur était là, celle d’aller le plus haut possible aussi. Evidemment, le paysage de la première division était un peu différent, le PSG n'était pas encore l'ogre qu’il est devenu aujourd’hui. L'idée était de se hisser au plus haut rang national possible et de se faire une place en Ligue des champions. C'est chose faite, avec cette poule haute de Champions League qui nous attend. C'est évidemment un groupe très compliqué mais, peut-être que la poule B est même encore plus forte, plus homogène, alors…

Très honnêtement, nous ne sommes qu'au début du mois de juillet, on ne sait jamais ce qui peut se passer, comment les groupes s’animeront. Mais oui, peut-être qu'avec les Veszprem, Flensburg, Kiel et Paris, l'autre poule montre encore plus de densité et d'expérience au prime abord. De notre côté, on va croiser le champion d'Allemagne - Rhein Neckar - le champion d'Espagne – Barcelone - et tout simplement le tenant du titre - Skopje - dans cette compétition (sourire) !