Réalisé par Edouard Chevalier

 

Nantes, son 16e point de chute

A l’image de son prédécesseur Sergio Conceiçao, le nouveau taulier de la Jonelière se révèle globetrotter ! Depuis qu’il a enfilé son costume 3 pièces d’entraineur, Claudio Ranieri a vagabondé, franchissant les échelons avec maestria. Lancée à Vigor Lamezia, sa carrière prend du relief en 1991, lorsqu’il prend les commandes du grand Napoli. Dès lors, que des noms ronflants s’inscriront dans son CV (Valence, Atletico, Chelsea, Juve, Inter etc.). Au rayon palmarès, on relèvera une Coupe d’Italie avec la Fiorentina (1996), une Coupe du Roi et une SuperCoupe d’Europe avec Valence (1999 puis 2004) et forcément, le titre dantesque en Premier League avec les Foxes de Leicester, en 2016. En tout, il a dirigé 9 clubs dans son Italie natale, mais c’est en Angleterre qu’il vécut son plus long bail. Sur le banc des Blues de Chelsea, avec 199 matchs au compteur, entre 2000 et 2004.

Loin, très loin des 4 petites rencontres disputées dans la peau de sélectionneur grec. Remercié après 16 semaines à la tête de la sélection hellène, ce passage express reste à ce jour son seul fiasco, pour sa première expérience à la tête d’une équipe nationale. Les Grecs venaient de se qualifier coup sur coup pour l’Euro 2012 puis le Mondial 2014, mais l’avaient recruté avec la mission d’apporter - enfin - du panache. Résultat : 1 nul et trois défaites, dont la dernière humiliante contre les Iles Féroé qui lui a coûté sa place… Il faut dire qu’il n’avait pas hésité à sélectionner des joueurs de Deuxième division grecque…

En moyenne, le Romain de naissance reste 2 saisons en poste. Attiré à prix d’or dans les filets nantais (300 000 € de salaire mensuel, selon des sources concordantes), Ranieri compte bien s’installer dans la Cité des Ducs. Un nouveau « QG » qu’il a préféré à l’ASSE ou Crystal Palace, également en course pour s’attacher ses services.

 

1000e match pro sur le banc fin septembre !

Un an après René Girard (62 ans alors), « WK » a de nouveau jouer la carte de l’expérience, en offrant la responsabilité de son équipe première à un senior. Le vécu comme ADN : Nantes mise sur la maturité, et cet attribut a d’ailleurs frôlé l’imbroglio. Ayant atteint les 65 ans (il aura 66 en octobre), Ranieri n’était plus en conformité avec les règlements de la FFF pour occuper un poste en L1. Après avoir fait le forcing auprès de Raymond Domenech, le FCN a finalement bénéficié d’une dérogation de la LFP pour régulariser la situation. Ubuesque ! On regarde désormais vers l’avenir, en se disant que fin septembre, à La Beaujoire face à Metz, Claudio pourrait atteindre le cap des 1000 matchs officiels en tant que coach professionnel (46% de victoires) ! Eternel, comme sa cité de naissance. L’homme le plus capé désormais de l’élite du football français.

 

Du « Tinkerman » au « Mister »

La vindicte populaire, l’intéressé connait ! Exposé comme jamais à Chelsea, Ranieri avait hérité outre-Manche de sobriquets mal intentionnés. Au choix : « Clownio » ou surtout « Tinkerman » (Bricoleur), pour sa propension à changer de stratégie, ou son turnover récurrent, selon les adversaires. Lauréat du seul Charity Shield en 2000 avec Chelsea, il n’aura pas laissé une trace indélébile à Stamford Bridge. Tout l’inverse de sa réputation à la Fiorentina dans les années 90, ou plus récemment à Monaco (2012-2014). Que ce soit Batistuta en violet ou Falcao dix ans plus tard sur le Rocher, tous louent la qualité du management du « Mister », son véritable surnom. A la Beaujoire désormais de lui dédier une chanson !

 

Il a coaché zola, blanc, batistuta… mais a raté de peu Maradona

Ancien défenseur de « sa » Roma en 1973-74, Claudio Ranieri rallie une autre terre sacrée de la péninsule, à l’été 1991 : Naples. Au pied du Vésuve, il intègre le cercle très fermé des géants du Continent. Et si Laurent Blanc ou Gianfranco Zola évoluent alors sous ses ordres, l’âge d’or des « Azzurri » est tout juste révolu…et la légende vient de s’évaporer. Au sommet de son art en Campanie, Diego Maradona vient de stopper net son aventure avec le club napolitain. A quelques semaines près, Ranieri aurait donc pu diriger « El Pibe de oro ». Il lancera un autre Argentin dans le grand bain : un certain Gabriel Batistuta…

 

Il a confié le brassard à John Terry

Parfois, le timing s’ajuste heureusement mieux pour le meneur d’hommes. Illustration le 5 décembre 2001, sur les bords de La Tamise. Contraint de désigner un capitaine en raison de la blessure de Marcel Desailly, Ranieri confie le brassard à un jeune fougueux. Du haut de ses 20 printemps, John Terry endosse cette responsabilité… dont il aura rétrospectivement la charge près de 600 fois sous ce maillot ! Très tôt, le manager londonien de l’époque avait donc décelé la précocité de son robuste défenseur. Du flair, pimenté par une prise de risques : c’est aussi ça la méthode Ranieri !