Propos recueillis par Gaëlle louis

 

Neno, vous n'aimez pas parler d'objectifs, plutôt de moyens de construire, de vivre basket. Votre passion guide-t-elle vos choix ?

Ma décision de venir à Nantes a été claire, les ambitions me conviennent parfaitement et l'Hermine a cru en mon projet. Deux solutions s'offraient à moi : coacher en Pro A - mais cela ne s'est pas fait avec Gravelines - ou bien aller en pro B, et amener l'équipe parmi l'élite. J'ai très rapidement signifié au président lillois que même si nous jouions de nouveau les play-offs avec la possibilité de monter, je ne souhaitais pas rester. Et puis, je connaissais déjà très bien Pierre-Yves Bichon, que je croisais déjà lorsque j'étais joueur au Mans et à Paris et qu'il était alors arbitre de haut niveau.

Tout cela fait que, une fois de plus, je me suis dit qu'il fallait prendre les décisions avec les tripes, à l’instinct…Nantes m'a convaincu, cette volonté se trouvant renforcée par une très belle impression en découvrant mon potentiel cadre de travail.

Justement, quels seront les axes de travail pour la saison à venir, l'esprit que vous souhaiterez inculquer à votre futur groupe ?

Plus que l'objectif, je m'intéresse aux schémas pour y parvenir, à la forme. Je souhaite voir mon équipe progresser à chaque entraînement, à chaque match forcément. J'aime la notion d'esprit collectif. Ma philosophie de jeu s'appuie sur cela. J'adhère au basket agressif dans le bon sens du terme, fait de jeu rapide, destiné à trouver des espaces et des tirs ouverts. Cela passe par une bonne défense, la responsabilisation individuelle, la communication, l'intensité et la discipline.

ok coach hermine

« Aucune peur de faire jouer les jeunes »

L'objectif d'accéder à la Pro A reste un projet motivant…

On a évidemment envie de réussir et d’atteindre cette montée, mais le plus important reste le chemin emprunté. Que l'on ne se casse pas trop la tête avec la Pro A, histoire de créer une pression positive et non négative.

Cela passe notamment, après des victoires, par le fait de ne pas laisser la place à l'euphorie. De même après la défaite, ne pas se sentir envahi par la fragilité. La seule chose qui mérite sa place, c'est l'analyse. Gérer les moments difficiles, aussi, car il y en a toujours : il ne faut pas paniquer ! Seule une tête au calme peut trouver de bonnes solutions. Il faudra toujours croire en l'idée de départ et dans ce cas-là, on pourra alors espérer quelque chose d'intéressant.

D'autant que la Pro B - de plus en plus dense - voit arriver des gros clients !

Nous allons évoluer de nouveau dans une division difficile, qui comptera 18 équipes ! On récupère des gros poissons, avec une vraie expérience du haut niveau sur le long terme comme Nancy, Orléans, Roanne. Ce sont des équipes avec des vraies traditions de basket…. Occupons-nous de nous-mêmes pour l'instant et surtout, attelons-nous à la construction de l'équipe. La technique, la tactique, le travail : tout cela pourra venir ensuite, on trouvera de toute façon toujours des solutions de réajustement en cours de route, s'il le faut.

Cela fait 28 ans que je suis dans le circuit. Si on n’est pas capable d'accepter et de jouer avec la pression, alors il faut changer de métier ! Je suis quelqu'un de très exigeant, la pression est là pour qu'on tire le maximum des potentiels selon moi.

A quoi devrait ressembler l'Hermine 2017-2018 version Asceric ?

A l'heure actuelle, le plus important est de trouver des joueurs qui peuvent jouer et vivre ensemble au quotidien, dans une certaine harmonie. J'ai déjà beaucoup discuté avec Jean-Baptiste (Lecrosnier, qui sera son assistant) : on a envie de garder une ossature proche de celle en place actuellement. Après, il y a des questions financières et il faudra se débrouiller avec. J'aimerais avoir un groupe de travail de 12-13 joueurs, constitué de 9 professionnels dont 2 jeunes, auxquels s'ajouteront 3-4 joueurs issus du centre de formation. Mais attention, ma volonté, c'est qu'ils prennent part au projet et qu'ils jouent ! Je n'ai aucune peur de faire jouer les jeunes, tant qu'ils font preuve d’envie, d’ambition, et de goût du travail ! Pour réussir et progresser, on sait tous qu'il faut du talent… Mais pas que.

Quel sera le programme du groupe, une fois celui-ci constitué ?

Nous devrions reprendre le 16 août avec, comme à l'accoutumée, des tests médicaux et de la préparation physique au menu. Les premiers matchs de préparation arriveront 15 jours après, à raison de 5 ou 6 rencontres amicales. Derrière, nous enchaînerons directement en septembre avec 6 matchs de leaders Cup et un en coupe de France. Cette combinaison sera suffisante pour bien se préparer à attaquer pleinement le championnat. On ne sera pas là pour mettre l'accent sur la performance durant cette période, mais bien pour tenter des choses, trouver notre rythme. L'essentiel est d'être prêts pour le 14 octobre et au top pour aborder les play-offs.

 

Nedeljko « Neno » Ascerić

Né le 29 août 1965 à Salinki (Serbie), double nationalité autrichienne

Joueur professionnel de 1985 à 2006, il évoluait sur le poste d'ailier.

 

Carrière entraîneur

En club

2006 - 2007 : JL Bourg (Pro A)

2007 - 2008 : Saint-Quentin BB (Pro B)

2008 - 2009 : Lechugueros de León (1re division MEX)

2010 - 12 : Oberwart Gunners (ÖBL AUT)

2012 - 2013 : Szolnoki Olaj (NB I/A, HUN)

2014 - 2017 : Lille MB (Pro B)

En sélection

2008-2013 : Autriche