Votre retour sur Nantes ? 

Je suis très ému à retrouver mon point de départ. J’ai passé à Nantes de 1981 à 1985, 5 années inoubliables. Je me souviens bien de ma première année très difficile.  J’ai eu besoin d’un temps d’adaptation. J’éprouve une certaine nostalgie, et -je dois vous l’avouer- un sentiment très bizarre à être de nouveau ici. Mais je reviens, et c’est l’essentiel, avec beaucoup de plaisir, de l’enthousiasme et aussi de la détermination. J’ai gardé beaucoup de liens à Nantes, des amis fidèles, des supporters notamment. Je ne peux pas décevoir. 

Pourquoi avoir accepté de revenir à Nantes ?

Ce n’est pas la première fois que le FC Nantes me sollicite pour venir entrainer. Avec Mr Kita, ces dernières années nous avons même eu à échanger 4 ou 5 fois sur cette éventualité. Pourquoi j’ai accepté cette fois-ci ? J’ai un grand attachement à ce club. Nantes est dans une situation complexe. J’ai déjà vécu des situations comparables et même plus graves avec Lille, Rennes et aussi le PSG. J’ai envie d’aider Nantes, d’aider M. Kita dans son engagement envers ce club. Est-ce que je vais réussir ? Il y aura beaucoup de travail, c’est certain. Aujourd’hui Nantes est en seconde division (Virtuellement). Elle ne mérite pas de toute évidence ce classement. Il y a dans cette équipe et dans ces joueurs des qualités pour faire beaucoup mieux. Ils doivent retrouver du plaisir et aussi être rassurés.                                                                                                                                                                                                                                    

Comment se sont passés les 2 premiers jours à la Jonelière ?

Cela s’est très bien passé. Il y a eu un contact excellent avec tout le monde, du coté des joueurs comme du coté des différents staffs. Un certain nombre de joueurs étaient inquiets car on a vu dans la presse beaucoup de conneries et de caricatures sur ce que je suis. Mais l’important n’est sans doute pas ce qui est dit mais qui le dit. Moi, je suis quelqu’un d’humain, ni intransigeant, ni dur, ni viril. J’ai entrainé 23 ans. J’ai eu à gérer des équipes et des joueurs de très haut niveau, Drogba, Pauleta, Yaya Toué, Ronaldinho. Et je n’ai jamais eu de problèmes avec ces joueurs ou avec d’autres. J’ai toujours respecté mes joueurs. Mais quand on sur le terrain, je ne connais plus personne. Je suis quelqu’un de très exigeant. J'aime l'engagement et les choses bien faites. Y compris pour moi. C'est par exemple très importants pour moi que mes joueurs soient contents de mes séances, de mes contenus.                                                                                                                                                                 

Etre entraineur, ce n’est pas une sinécure ?

L’entraineur, c’est toujours le maillon faible quand ça ne va pas. Au FC Nantes, ça change beaucoup. Je peux être viré comme ça. Mais je n’ai peur de rien. Ce que je déteste, c’est perdre, accumuler les mauvais résultats. Il va y avoir du travail : il va falloir améliorer le fonctionnement de pas mal de choses. J’aime bien dire ce qui va et ce qui ne va pas en face des personnes avec qui je travaille, même si c’est le patron. M. Kita est le patron du club : c’est le propriétaire. Moi, je suis le patron sportif. Je construis mon équipe. Ce qui ne nous interdit absolument pas de parler, ni d’échanger. Moi, j’aime les relations de sincérité. 

L’équipe de Nantes, vous la suiviez depuis longtemps ? On vous a vu lors de l’entrainement nommer chaque joueur par son nom ?

J’ai commencé par apprendre celui du Président et de son fils. Après le reste, j’ai un peu travaillé à la maison avec l’organigramme. Il faut le faire car le premier contact est important. Quand vous travaillez avec quelqu’un qui ne sait même pas comment vous vous appelez, c’est humiliant pour lui. J’ai regardé plusieurs matches de Nantes à la télévision. Mais à la télévision, on ne voit pas tout. Il y a beaucoup de travail. J’ai envie de faire avec ce groupe quelque chose de bien.

Vous êtes un entraineur défensif ?

C’est une connerie de dire cela. C’est complètement faux. On fait jouer son équipe avec les joueurs et les qualités qu’on a. L’équipe d’Algérie que j’ai entraînée est l’équipe africaine qui a le marqué le plus de buts de son histoire lors de la coupe du monde (Eliminés en 1/8 de finale contre l’Allemagne).

Je ne suis ni défensif, ni offensif. Par contre avec moi, tout le monde défend. Mais ce qui compte, c’est d’abord le résultat, l’efficacité. On critique beaucoup Deschamps pour ceci et pour cela. Mais on est champion du monde. Alors, il faut regarder d’abord qui fait les critiques. C’est comme le jeu à la nantaise. Je l’ai connu. On avait les joueurs pour cela. Est-ce que cette équipe a les qualités pour jouer à la nantaise. C'est une autre question.

Vous avez choisi votre capitaine ?

Mon capitaine, ce sera Valentin Rongier. Il le mérité sur les entraînements qu’il a faits, cela a été exceptionnel. Les autres aussi ont fait de très bons entrainements. Et j’espère que cela va durer. Valentin a pris et compris tout de suite tout ce que je demandais. C’est aussi un symbole. Il a été formé à Nantes.

Et pour le match contre Bordeaux ?

J’ai parlé de victoire à mes joueurs. Je veux installer cette culture de la gagne et du plaisir. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Images et texte : Nantes sport 2018

 

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