Le demi-d'ouverture du Boulevard des Anglais, après avoir vécu le dépôt de bilan nazairien fin 2016, a su se reconstruire sur la pelouse d'un Stade Nantais où il se sent désormais comme chez lui.

Il sourit en touchant la table, préférant toucher du bois lorsqu'il s'agit d'évoquer l'effectif nantais et son état de forme. Costaud sur ses appuis, Pierrick Belleteste est solidement campé sur ses objectifs et sur le gazon de Laporte. Encore plus quand il faut donner le petit plus. « La perte de Saba Kartvelishvili pèse lourd, tant en dehors que sur le terrain... surtout qu'à droite on est un peu juste. Rossouw Kruger fait beaucoup d'efforts avec du coup de gros temps de jeu et les jeunes compensent un peu, mais évidemment ils n'ont pas la même expérience. Dans une poule où il n'y a que des gros matches au menu, cela ne facilite pas leur tâche. »

Que cela soit dans l'âge où l'expérience, le joueur formé à Meaux est finalement le liant entre ces différentes strates de joueurs. A 26 ans, débarqué de Saint-Nazaire avec dans le wagon venu du littoral Maël Coisy et Andoni Jimenez, le Parisien se sent désormais complètement à sa place chez les Vert et Rouge.

Leader dans l'âme

Pour sa quatrième saison à ce niveau, le manager Pierrick Moison et les coaches ont accordé toute leur confiance à ce dernier, saisissant pleinement ses responsabilités : « Etre leader, j'aime cela. Cela fait partie de l’ADN de mon poste : prendre les choses en main, que l'on m'écoute et également entendre les autres, sinon on ne peut pas avancer. J'ai été formé au centre, à l'ouverture. Avec les blessures, on a réfléchi et je me suis plus positionné à l'arrière depuis le début de saison. Maintenant, la semaine, je continue de bosser à l'ouverture et puis les réflexes ne disparaissent pas comme cela (rires) ! Cela me fait toujours plaisir de rejouer en 10. Tant que je suis sur le terrain et que l'on me donne une mission, je l'aborde de la même façon, quel que soit le poste. »

Et pourtant l'arrivée dans la Cité des ducs n'avait pas forcément été sereine, suite à une véritable rupture sportive et humaine à Saint-Nazaire, que Pierrick conservera comme le plus amer des souvenirs, même si la page est désormais définitivement tournée.

« Participer à ce beau projet »

Un peu plus d'un an plus tard, les repères sont là... et la tête désormais apaisée. « Que cela soit pour Malou, Ando ou moi, on a été vraiment marqué par cet épisode... Ce sera toujours présent mais ici, j'ai trouvé ce que j'espérais et cela a tout facilité. Sportivement, il y a cette ambition qui constitue un grand moteur. Je crois en ce beau projet nantais dans lequel j’entends m’impliquer. » Preuve en est : afin de s'inscrire durablement dans l’aventure, le Stade Nantais et Pierrick Belleteste poursuivront leur collaboration pour trois nouvelles saisons. Ne pas aller trop vite, garder en mémoire les tristes exemples, poursuivre le travail auprès des partenaires : ce Stade Nantais avance « sur le bon rythme. On se sent en confiance dans ce club et évidemment on est complètement concentré sur ce que l'on doit réaliser sur le terrain. Cet environnement m'a permis d'évoluer rugbystiquement, dans ma vie aussi. A Nantes, tout est propice à l’épanouissement. »

Alors, même si la famille reste en région parisienne, le foyer d'accueil nantais a su devenir un port d'attache, avec pour fondations cette volonté de construire avec les jeunes du cru autour de pierres angulaires vues comme des guides. Un processus se payant encore, parfois, par quelques péchés de jeunesse difficilement évitables... « On a l'une des moyennes d'âge les plus jeunes alors l'équilibre reste fragile. On l’a vu par exemple récemment à Saint-Jean de Luz (15-24), où l'on mène de 12 points en tenant le match, avant de flancher…. Il s’agissait pourtant de notre meilleure mi-temps en déplacement, avec peut-être celle produite à Cognac (23-15) », regrette-t-il. « C'est le jeu, il fallait tenir jusqu'au bout. Toutefois, je crois que cette saison nous sommes de plus en plus pris au sérieux. Depuis janvier notamment, le fait d'avoir viré en tête de la poule a modifié l'image que nos adversaires avaient de nous. »

Nouveau statut en Fédérale 1

Un nouveau statut sur le terrain donc... et en dehors, faisant basculer du bon côté les Ligériens. Pierrick Belleteste en est persuadé et voit en Nantes une potentielle place forte. Une « belle ville, attractive » pour ce néo-pro qui a découvert un nouveau rythme en même temps que son nouvel univers. « Le club se structure et on trouve que le partenariat passé récemment avec le CHU va dans le bon sens. La santé est tellement capitale, alors avec cette prise en charge très rapide, on adopte une démarche professionnelle. Dans tous les secteurs, le Stade Nantais s'engage d’ailleurs dans cette voie. Il nous reste désormais à faire le boulot sur le terrain pour concrétiser cet élan (sourire) ! »