LUCAS LIMA : « ALLER CHERCHER L’EUROPE ! »Ranieri cette saison. Un rôle qu’il a endossé sans broncher, lui qui loue le collectif. Artisan prépondérant du renouveau des Canaris en 2017, le Brésilien attaque la nouvelle année civile avec une mission : que Nantes se conjugue en mai avec européen. Entretien avec un infatigable piston, 4e joueur de Ligue 1 à avoir effectué le plus de centres à la mi-saison, et ce en 16 matches (120 centres, juste derrière le Rennais Bourigeaud, le Marseillais Thauvin… et Léo Dubois, 121 !).

D’où vient votre passion pour le football ?
J’ai commencé par le futsal, jusqu’à 13 ans. Chez nous, c’est culturel : il faut passer par cette discipline pour se constituer un bagage technique solide. Aujourd’hui encore, ce vécu de futsaleur m’aide beaucoup. Ensuite, j’ai poursuivi ma formation au Grêmio. Malheureusement, Ronaldinho était déjà parti du club, mais j’ai eu la chance de jouer avec une autre légende…

De qui s’agit-il ?
Clarence Seedorf ! En 2013, j’ai remporté le championnat carioca avec Botafogo. On avait une superbe équipe, avec Jefferson (alors gardien de la Seleção) et donc Seedorf. C’était grandiose, j’ai évolué 2 ans à ses côtés et je garderai cela en mémoire toute ma vie ! Physiquement et techniquement c’était un monstre, à 36 ans il dégageait une telle aisance…

De quoi en faire un modèle ?
Oui, de par son implication au quotidien. Néanmoins, j’évolue latéral gauche alors je me suis inspiré de joueurs à ce poste. Je pense par exemple au Roberto Carlos de la grande époque ou à Marcelo (Real Madrid) aujourd’hui. Ils ont des qualités…et des palmarès hors-normes !

Si le Brésil reste votre fil conducteur, l’expatriation en Europe était-elle une nécessité ?
Oui, il fallait que je vienne ici pour faire évoluer mon jeu. Dans le championnat brésilien, on aime caresser le ballon, l’aspect offensif est primordial. Néanmoins, aux niveaux tactique et physique, l’Europe reste la référence. En 2015, je me suis donc envolé pour le Portugal et mon acclimatation a été facilitée par la langue évidemment. J’ai réalisé une saison pleine avec Arouca et nous avons même décroché un billet historique pour l’Europa League. Aujourd’hui, c’est ce qui m’anime… avec le FCN !

L’an passé, là encore aucun souci d’adaptation à noter à Nantes, au regard de vos statistiques !
C’est vrai, j’ai tout de suite eu un bon feeling. Je pense que mon passage au Portugal a facilité les choses car je connaissais les exigences européennes. J’ai appris le français dès mon arrivée et j’ai surtout bénéficié de la confiance des coaches.

Une confiance même quasi aveugle, puisque vous avez été le 2e joueur le plus utilisé en L1 l’an passé, juste derrière le Lillois Sébastien Corchia !
Effectivement, que ce soit avec René Girard ou Sergio Conceição, j’ai été titularisé lors des 38 épisodes du championnat (ndlr 3381 minutes de jeu sur 3420, étant remplacé lors de la 38e journée). Je suis ravi d’avoir pris part à cet exercice qui a replacé le FCN en première partie de tableau. Comme le reste du groupe, j’ai pris beaucoup de plaisir en deuxième partie de saison. Conceição me demandait constamment de me projeter vers l’avant, de faire des allers-retours dans mon couloir… à la maison comme à l’extérieur. C’est exigeant athlétiquement, mais j’ai pu m’exprimer pleinement.

Vous avez également terminé largement en tête du classement des centres réussis en L1 (90 cumulés)…
Oui, c’est une satisfaction à titre individuel, mais surtout une consigne. Je suis là pour défendre certes, mais également apporter des solutions offensivement. Pour bousculer la défense adverse, les latéraux doivent redoubler d’efforts car la clé passe aussi par les côtés. J’ai donc multiplié les tentatives pour alimenter nos buteurs.

Cette saison, Claudio Ranieri vous a souvent aligné milieu gauche. Quid de vos sensations ?
Que ce soit un cran au-dessus, à gauche comme à droite, je suis là pour m’adapter au schéma. L’essentiel est d’enchainer les matches, même si évidemment je préfère évoluer à mon poste de prédilection. Quand je joue au milieu, le coach me demande de multiplier les débordements, d’aider au marquage aussi, pour serrer les adversaires. Il a certes fallu prendre des repères mais je pense avoir progressé tactiquement et physiquement à ce nouveau poste. Evidemment, il reste du chemin à parcourir pour devenir un spécialiste, mais je suis là pour progresser.

Et avec Ranieri, on imagine que l’apprentissage s’effectue en accéléré.
Le coach a une expérience qui parle. J’apprends tous les jours à son contact, j’ai même un peu l’impression d’aller à l’école (sourire) !

Quel a été le match référence sur la phase aller à vos yeux ?
Dans le contenu, on a livré 3 ou 4 matches de très bonne facture, mais je dirais la victoire contre Toulouse (2-1, J12). Ce soir-là, on avait été solides dans le jeu et dans les têtes. J’ai aussi bien aimé la prestation face à Monaco forcément (sourire)…

… Avec votre but dans les ultimes secondes. Racontez-nous ce frisson.
Lorsque je suis entré sur la pelouse (à l’heure de jeu), j’avais dans l’idée de tout donner. Sur l’ultime coup-franc, je suis attentif au deuxième ballon, je frappe en première intention et la trajectoire termine dans le petit filet de Subasic. Je délivre l’équipe, le stade explose et en plus c’était face aux Champions en titre de Falcao…Tout était réuni !

Nantes 5e après la phase aller, peut-on rêver d’Europe ?
Le FCN est un club historique, je me souviens de ses campagnes en Champions League… On doit retrouver notre place ! A mi-chemin, nous sommes 5es, mais il reste un gros morceau à digérer. On a tous cet objectif en tête, on a les moyens de terminer dans ce top 5, ce serait magique pour les supporters.

Des fans qui vont être gâtés d’entrée en 2018, avec le PSG au menu !
Oui, on va réattaquer la L1 par le match que toute la ville attend ! Si je suis titularisé, je devrais me frotter dans ma zone aux Neymar et Mbappé, des joueurs hors-catégorie. Il y aura une ambiance énorme à La Beaujoire, cela nous poussera à tout donner pour envisager de faire tomber Paris, même si ce sera très compliqué. Dans la foulée, on recevra également Bordeaux, pour un autre choc. Ces deux réceptions conditionneront la suite de la saison, alors on doit être prêts pour ces défis.

Fin septembre, vous avez prolongé de 2 ans votre bail nantais (jusqu’en 2022). Un indicateur de votre attachement ?
Oui, ce club est idéal pour progresser. Le FCN retrouve des couleurs en championnat, est ambitieux aussi avec l’horizon d’un nouveau stade en 2022. Dans le vestiaire je me sens comme chez moi, et même « en famille » avec mes compatriotes Andrei Girotto et Diego Carlos (rires) ! J’aime cet environnement nantais. La preuve : mes proches sont venus passer les fêtes de fin d’année ici, pour découvrir mon univers (sourire) !

Lucas Lima en bref
Né le 10 octobre 1991 à Estaçao (Brésil)
1,78m - 72kg
Sa phase aller en L1 cette saison : 16 matches (1172 minutes) / 14 titularisations / 1 but / 1 passe décisive

Convoité, Lucas Lima ?
Info ou intox ? Dans les tous derniers jours de 2017, la presse s’est fait l’écho d’un intérêt du club turc de Fenerbahçe pour Lucas Lima. C’est le lot de chaque mercato : aux rumeurs succèdent les démentis… à moins que. Au moment de boucler ces lignes, le Brésilien était en tout cas toujours 100% Nantais et donc pas Stambouliote.