En plaçant 4 joueurs dans l’équipe-type de la saison 2017-2018 de Lidl Starligue, le HBC Nantes peut se targuer d’être le club le plus représenté ! Plébiscités, les Violets ont décidément la cote, bien au-delà de la Troc’ !

Le 1er juin, lors d’un dîner de gala dans la maison du chef triplement étoilé Yannick Alléno sur les Champs-Elysées, les Trophées LNH ont récompensé les meilleurs joueurs de la saison de Lidl Starligue (D1) et de Proligue (D2). Et pour cette édition 2018, la vague violette ne s’est pas arrêtée au périphérique, investissant « la plus belle avenue du monde » pour y porter ses quatre moussaillons ! Capitaine Feliho, accompagné de ses fidèles lieutenants Gurbindo, Balaguer et Tournat : les Nantais sont montés dans la capitale pour recevoir leurs statuettes ! Reconnus par leurs pairs, ces quatre protagonistes majeurs de l’épopée du H cette saison, figurent dans l'équipe-type, élue par les joueurs, les entraîneurs, la Presse Quotidienne Régionale et le public.

Des lauriers, aussi, sur la scène EHF

Collectivement parlant, c’est en fait tout le club qui a été honoré à l’occasion de cette escapade parisienne. Logique, au regard du bilan clinquant du HBC Nantes, qui pour la première fois de son histoire boucle cet exercice 2017-2018 en position de meilleure attaque (31 buts de moyenne par match, 814 buts inscrits en 26 rencontres) juste devant… le PSG !

Sur la scène européenne, les louanges pleuvent également. En plus d’y avoir vécu un week-end complètement fou, les Nantais sont rentrés de Cologne avec la fierté de compter deux de leurs représentants dans l'équipe-type de cette campagne EHF. Dans cette formation de rêve version Champions League, le demi-centre international Romain Lagarde s’adjuge le titre de meilleur jeune. L’Espagnol David Balaguer intègre également cette « dream team » (meilleur ailier droit). Sans faire la fine bouche, on peut toutefois être étonné de ne pas voir y figurer un certain Nicolas Tournat, tout simplement titanesque cette saison au poste de pivot (élection de Bjarte Myrhol, Skjern)...

L’équipe-type de la saison de Lidl Starligue :

Vincent Gérard (Montpellier, meilleur gardien)

Nicolas Tournat (Nantes, meilleur pivot)

Rock Feliho (Nantes, meilleur défenseur)

Nikola Karabatic (Paris, meilleur demi-centre)

David Balaguer (Nantes, meilleur ailier droit)

Eduardo Gurbindo (Nantes, meilleur arrière droit)

Michaël Guigou (Montpellier, meilleur ailier gauche et Trophée beIN SPORTS du plus beau but)

Jonas Truchanovicius (Montpellier, meilleur arrière gauche).

Par ailleurs, Nikola Karabatic (unique représentant du PSG) a été sacré meilleur joueur (MVP), Patrice Canayer (Montpellier) meilleur entraineur et Samir Bellahcene (Massy) meilleur espoir.

Les 4 Fantastiques à la loupe

Nicolas TOURNAT

Clairement l’un des héros de la demi-finale de Champions League face au PSG (8/8 aux tirs) ! Gagnant un peu plus sa place à chaque sortie en Bleu, le robuste pivot et nouvellement papa a vécu une année de rêve. Meilleur buteur en jeu (hors penalties) de la division (117 réalisations à 78% de réussite), Nicolas Tournat se hisse aujourd’hui dans le cercle très fermé des pivots de référence, à l’échelle internationale. A un poste si exposé, cela valait bien un coup de projecteur majuscule !

David BALAGUER

Le zébulon espagnol a tutoyé des sommets d’efficacité toute la saison, « claquant » quelques performances stratosphériques après l’hiver. En digne successeur sur les ailes de son compatriote et futur coéquipier Valero Rivera, le gaucher s’installe une fois de plus parmi les snipers les plus redoutables de l’élite française.

Eduardo GURBINDO

L’intelligence et la précision dans le jeu, le grain de folie en merveilleux ingrédient complémentaire : « Gurbi » aura illuminé les parquets, dans une saison où il aura survolé un Euro qu’il terminera sacré. En bonus, le numéro 18 du H a éminemment entretenu sa cote de popularité, auprès du public nantais. Une pierre angulaire et précieuse, qui a prolongé son bail dans la Cité des Ducs jusqu’en 2021 !

Rock FELIHO

Pas de miracle pour « Rocky », il ne redeviendra pas - à bientôt 36 ans - le buteur qu’il fut dans sa jeunesse. Pas besoin d’ailleurs, puisque le H possède suffisamment d’artilleurs pour remplir la besace de points. Chef de la défense, meneur d’hommes incontesté, Rock a une fois de plus emmené dans son sillage, tambour et cœur battants, ses frères d’armes durant ces neuf mois complètement dingues. Capt’ain courage !

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Alors que le calendrier de L1 sera dévoilé le 12 juin, le navire jaune et vert navigue à vue. Un certain flou artistique plane sur la Jonelière, depuis l’imbroglio sur le dossier Jocelyn Gourvennec. Inquiétant, à quelques semaines de la reprise de l’entrainement ? Avant l’ouverture du mercato (le 9 juin), Nantes Sport vous décrypte les dossiers chauds.

Coach : du retard à l’allumage, c’est grave ?
En surface, l’histoire semblait presque trop bien romancée : « Joce » Gourvennec, ancien dépositaire du jeu (1995-1998) devait récupérer les clés. Mais il y a eu un mais, en cette fin mai. A Nantes, a fortiori sous la gouvernance Kita, on ne s’autoproclame pas garant idoine de l’esprit Canari. D’abord bouillantes, avant de devenir glaciales, les tractations entre les deux parties ont achoppé le 29 mai. L’épicentre du désaccord ? La composition du staff, les décideurs du FCN ayant mis leur veto concernant certains éléments (l’adjoint Eric Blahic notamment). On peut surtout y lire entre les lignes une tendance cimentée, même si Kita clamait publiquement que Gourvennec constituait « la meilleure solution ». Comme écrit dans nos colonnes (édition de mai), le Président ne privilégie pas un profil « Made in France » pour s’assoir sur son banc (la jurisprudence René Girard surement). Et encore moins un prototype « Made in Nantes » … Au-delà du cas de l’ex-coach destitué des Girondins, quid du timing ? L’an passé – là encore un 29 mai - Sergio Conceiçao avait fait faux bond, laissant la Maison Jaune en stand-by. Temporairement seulement, car 17 jours plus tard (le 15 juin 2017), le FCN officialisait la signature de Ranieri. Un an s’est écoulé, et l’équation se représente. Sauf que Waldemar Kita a depuis démontré qu’il savait (expressément) la résoudre. En coulisses, le dirigeant prospecte (au Portugal surtout) pour dénicher la perle rare, qui devrait répondre à certains critères : un « quadra », à l’accent étranger (Miguel Cardoso a le profil). La deadline envisagée pour introniser le nouveau stratège ? Mi-juin au plus tard, histoire de planifier le programme de préparation (matches amicaux). Et évidemment de dessiner les contours de l’effectif…

Des joueurs perturbés par la situation ?
« Je voudrais bien que l’on ait un entraîneur qui aime le football. S’il prône le beau jeu, ça peut jouer. Gourvennec ? Quand tu regardes ses équipes, elles essayent de bien ressortir le ballon. C’est le football que j’aime. » La tirade - sans ambigüité - est signée Valentin Rongier, à la veille du dernier match de L1, face à Strasbourg. Quelques heures plus tard, le meneur de jeu assistera aux premières loges au jubilé réussi de son ami et futur-ex capitaine Léo Dubois (1-0). De quoi lui donner également des envies d’ailleurs ? Non, du moins pour l’instant. N’empêche, la vraie-fausse arrivée de Gourvennec a suscité des interrogations, dans l’esprit du groupe. « Il ne faut pas se fier qu’au nom », plaide aujourd’hui Rongier. Soit. Mais ce même Valentin scandait aussi, l’été dernier : « On est un peu comme des gosses de voir un coach comme Ranieri arriver à Nantes ! ». Tout est dit : inévitablement, le CV, la personnalité et encore davantage la philosophie du futur coach conditionneront l’avenir des éléments clés du dispositif nantais. Dans un effectif composé de bon nombre de joueurs issus du sérail (Rongier, Djidji, Touré etc.), opter pour un profil « d’entraineur formateur » serait un bon indicateur. D’autant qu’à La Jonelière, les promesses poussent dans les catégories annexes (voir par ailleurs). Quant aux autres cadres du vestiaire (Pallois, Diego Carlos, Tatarusanu), après avoir été managés par Ranieri, ils entendront certainement être guidés par un homme de la même trempe…

Kita-supporters : pourquoi tant de haine cet été ?
Le feu couve-t-il à la Beaujoire ? Certains détracteurs du Président Kita ont en tout cas ravivé la flamme, en franchissant la ligne… jaune. Alors qu'il ouvrait ses portes à 2 100 enfants dans le cadre de la 18e édition des "Petits Princes du Hand" début juin, le club a eu la mauvaise surprise de découvrir ses installations (la boutique, le Pavillon et les murs du stade) taguées de messages incendiaires. "Casse-toi Kita", "Tu ne seras jamais tranquille", "La rénovation... ou la mort...". Vivement condamnés par l’institution, ces agissements (non revendiqués) témoignent de la difficulté - pour ne pas dire l’impossibilité - de dialoguer dans un climat d’apaisement. Pêle-mêle, ses opposants ciblent Kita pour la gestion de sa politique sportive (le prochain coach sera le 14e en 11 années de présidence), mais aussi et surtout désormais pour son investissement concernant le YelloPark. Alors que la concertation publique sur ce projet de nouveau stade a pris fin mi-mai (après avoir été prolongée d’un mois), la gronde ne faiblit pas chez les anti-YelloPark, fermement partisans d’une rénovation de La Beaujoire. De quoi altérer la ferveur en tribunes (Loire notamment), cette saison ? Dossier (incandescent) à suivre…

Droits TV 2020-24 : ça change quoi ?
A l’échelle du football hexagonal, cet appel d’offres, entériné fin mai, s’apparente à un véritable jackpot ! Vendus 1,153 milliard d’euros par an pour la période 2020-2024, les droits TV de la L1 ont enregistré une explosion record de +60% au global ! Aux anges avec cette manne financière qui se dessine dans 2 ans, les Présidents de clubs devront se contenter d’ici-là de 726,5 millions d'euros annuels. Par ricochet, ce butin aura des répercussions sur le microcosme nantais. Avec cette perspective spéculative, c’est certain : Waldemar Kita ne reculera pas pour bâtir sa nouvelle enceinte. En faisant grimper les enchères, la LFP a scellé dans le marbre la détermination du dirigeant ligérien et lui a surtout offert des arguments de poids, financièrement parlant. A titre d’exemple, le FCN avait touché un peu plus de 25 M€ de droits TV l’été dernier. Dès 2020, le magot devrait être nettement revu à la hausse. Dans quelle proportion ? Le cadre reste à négocier, mais actuellement les droits TV sont répartis selon 4 critères : la part fixe, la licence club (les 20 clubs de l’élite ont empoché 5,5 millions chacun l’an passé), le classement sportif de la saison écoulée et lors des 5 dernières et enfin la notoriété sur les 5 derniers exercices. Pour faire simple : plus un club est diffusé, plus son pécule augmente. Engagé dans une course de fond(s) depuis une décennie, Kita tient là de véritables garanties… si le FCN est bien sur la ligne de départ en 2020-2021 ! Après avoir essuyé des tempêtes en pagaille, Kita voit donc l’horizon s’éclaircir. Impensable donc dans ces conditions d’imaginer le Franco-Polonais céder le club à des investisseurs étrangers (comme l’ASSE ou Bordeaux ont tenté de le faire récemment). D’autant qu’à l’image de son rival historique stéphanois, le FCN ne dispose pas d’un « capital joueurs » suffisant pour envisager de dépasser les 30M€ de valorisation. Soit moins que le salaire annuel au PSG de Neymar… Alors, il faudra bien s’accommoder de Waldemar.

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La Trinité française dans la Mecque du handball ! Sans hallucinations, aucune, l'EHF pouvait publier son affiche sur laquelle figure trois clubs français et aucun allemand. Mais bel et bien un HBC Nantes, dont la saison relève décidément du merveilleux.

Ils sont pour la plupart fans de « La Casa de Papel », grand succès de l'année narrant les plans d'un homme mystérieux, surnommé El Profesor, planifiant le meilleur braquage jamais organisé. Cela vous rappelle une sympathique association de bienfaiteurs du handball, emmenée par un Thierry Anti dont on ne compte plus les affinités avec les compétences ibériques ? Ils ont même fait du chant révolutionnaire, cela tombe bien, Bella Ciao, leur hymne de victoire au soir de leur qualification historique pour le Final Four !

Au HBC Nantes, pas de Tokyo ou Berlin, mais des Gurbi, Bala et Rocky, maniant le ballon en artistes. « Prêts à mourir pour aller à Cologne », livrait d'ailleurs leur portier Cyril Dumoulin après le match aller, brillamment remporté de six longueurs à la Trocardière face au dernier rempart se dressant devant la Lanxess Arena, Skjern (33-27).

Ils ne seront pas allés jusque-là, mais ils ont d'ores et déjà braqué la banque de bonheur... et les billets pour Cologne. « On a vécu beaucoup d’émotions pendant ce match... On commence très bien, avec une défense solide. On a réussi à les bloquer en première mi-temps mais en début de seconde période, après un petit relâchement de notre part, ils ont accéléré. On n’a pas stressé mais on s’est rendu compte que ce n’était pas si simple que cela d’aller au bout… », avouait après coup le coach nantais, autant au septième ciel que ses hommes. « Mais on a su être patients. C’est un vrai bonheur, pour nous, pour le club, pour tous ceux qui nous suivent. Ce qu’on a vécu cette année c’est une aventure exceptionnelle. Maintenant, on va aller à Cologne et on va essayer de jouer le coup à fond. »

Encore, toujours, ce public en véritable 8e homme !

Pour eux, bien sûr. Gurbindo, le dentellier de la bande, le plus fou aussi, y avait vécu l'un de ses plus grands bonheurs de joueur en 2015, avec notamment un certain Kiril Lazarov. Et que dire de Dominik Klein, qui finalement retrouvera son jardin pour boucler sa carrière et viser une quatrième (!) étoile européenne, lui qui ne fut jusqu'ici que l'homme d'un seul club, Kiel.

D'ailleurs, voir à l'affiche trois club français n'est pas l'unique grande sensation de cette édition 2018, puisque le public n'aura pas d'équipe allemande à supporter... On a même vu, ça et là, certains proposer des places sur les réseaux sociaux des clubs bleu-blanc-rouge ! On peine d'ailleurs à imaginer un chaudron sans feu violet (lire par ailleurs). « Je sais que beaucoup de supporters étaient à la Troc’ pour la retransmission et au Danemark, j’ai vu des drapeaux bretons, d’autres du « H » », se réjouit Anti. « Ce qui n’était qu’un rêve dans un premier temps, même s’il s’agissait d’un des objectifs du club à moyen terme, on a réussi à le réaliser dès notre deuxième participation. Je félicite tout le monde, mes joueurs, les dirigeants, le staff et tous nos supporters. »

Un rêve arrivé en express, à peu près aussi rapidement qu'Olivier Nyokas aura, lui, fait son sac pour Skjern, sans oublier un maillot à son nom. Et y claquer un but au passage, signant son retour aux affaires ! La Ligue des Champions, puits aux miracles * ? Cela y ressemble !

Un mois de championnat, aussi, à gérer

Sauf qu’en parallèle, le championnat de Lidl Starligue, lui, continue sa vie sans se préoccuper des lustres du Vieux Continent. En mai, fais ce qu'il te plaît... sauf si tu es handballeur ! Le calendrier n'épargnera pas le H en effet avec cinq dates, dont deux déplacements : Montpellier et Chambéry. A noter que les Violets ont la chance d’avoir vu leur demande acceptée par le président chambérien de déplacer le match au mardi, avant de voyager le jeudi vers Cologne. Tous derrière les Tricolores, pour ramener ce précieux trophée ? Cela s’apparente en tout cas à une union sacrée !

*Victime d’une fracture de la rotule en début de saison, Nyokas s’était fait opéré, puis subissait une rechute. Opéré une deuxième fois, il revenait tout juste de quatre semaines à Cap Breton, NDLR.

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Au moment d’entamer le dernier virage d’un championnat à plusieurs vitesses, les Canaris ont deux options. Soit terminer en roue libre et caler dans le ventre mou. Ou bien terminer en trombe et intégrer le top 6, potentiellement Européen. Avantage non négligeable : en mai, le FCN reçoit deux fois.

A Lyon (0-2), Léo Dubois et consorts sont tombés sur la route de Memphis. Un but, une passe décisive : à lui seul, le fantasque Néerlandais a fait voler en éclat une défense jaune de moins en moins colorée (5e défense de L1, avec 39 buts concédés). Cette 13e défaite de la saison est surtout venue ponctuer un mauvais mois d’avril, bouclé avec 2 petits points (en 5 matches). En 2018, Nantes ne peut plus se cacher derrière des sursauts épisodiques à Guingamp ou Marseille, la tendance est désormais cimentée : le FCN version Ranieri et son assise béton ne répondent plus (16e sur la phase retour). Gageons au passage que sans un Tatarusanu en mode Spider-Man dans sa cage – déterminant dans le derby et carrément géant face à l’OL – le bilan serait encore moins reluisant.

Après 20 journées à squatter le top 5, la Maison jaune s’apprête aujourd’hui à attaquer les 3 dernières à une cafardeuse 10e place. Et encore, il s’en est fallu d’un rien que Guingamp, qui aurait dû l’emporter au Parc, n’envoie le FCN en deuxième partie de tableau…

Faites bosser l’historique Yannick Bigaud pour sa dernière au micro !

Autre crève-cœur : Saint-Etienne (5e, à 6 pts) et surtout… Rennes (6e, à 5 pts) ont emprunté la trajectoire inverse. Alors, comment enrayer cette « degringolada » et revenir sur les pas du voisin, désormais Européen en puissance (la 6e place est qualificative si le PSG bat les Herbiers en finale de Coupe) ?

Déjà - à l’image justement du Petit Poucet vendéen - le FCN devra rallumer la flamme à La Beaujoire. En moyenne, les abonnés ont assisté cette saison à 1,7 but par match, soit… le pire ratio rayon spectacle en L1. Alors, avant de tirer sa révérence, Yannick Bigaud, le speaker officiel depuis 1978, tient à s’emballer une toute dernière fois…

Dès le 6 mai, le match de la dernière chance pour les aspirants à la C3 se tient face au MHSC d’un certain Der Zakarian. Tiens, tiens… Comme à la Mosson (1-0), il faudra capitaliser pour recoller. Un derby à Angers suivra, une terre où le FCN évolue quasiment à la maison (Nantes y est invaincu en L1).

En digestif, Strasbourg investira la Cité des Ducs en mode commando. On conseille d’ailleurs aux Alsaciens de débarquer bien armés, eux qui n’ont jamais existé ici-même (8 défaites, 1 nul) et qui pourraient jouer leur maintien, carrément, les Alsaciens ayant un bilan encore pire que le FCN sur la phase retour (11 points).

Voilà donc pour le menu, mais quid des ingrédients ? D’abord, il faudra des joueurs (et un staff) concernés. Si pour Léo Dubois, le départ est déjà acté (il a joué le jeu à Lyon), d’autres auront tout intérêt à briller. En fin de contrat (Thomasson, Iloki) ou déjà dans le viseur d’autres écuries (Rongier, Sala, Diego Carlos), les Canaris défendront leur écusson… mais aussi leur carrière dans cette période charnière. Ranieri, aussi… (lire pages 6-7).

Dans ce sprint final, les motivations se conjuguent au pluriel. En 13 jours chrono, les Nantais peuvent dominer Der Zak’, rattraper les Rennais, terminer à une 6e place synonyme d’Europe et de progression (7e en 2017), récupérer au passage quelques millions d’euros alloués selon le classement définitif par les droits TV et en prime soulever la Beaujoire et soigner leurs adieux, pour certains ! On rêve ?

par Edouard Chevalier

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 Co-entraîneur du Stade Nantais avec Emmanuel Patte, aux côtés du manager général Pierrick Moison, Bertrand Guilloux vit une saison pleine d'enseignements et de riches moments humains. Un mix parfois explosif et plein de surprises qui ravissent l'ancien joueur de l'ASM, ce dernier voyant son effectif grandir au fil des mois. Une croissance à confirmer désormais en play-offs !

Fin avril, vous avez signé un exploit à Anglet (17-11) pour terminer dans le dernier carré de votre poule (4e) ! C'est tout le caractère de l'équipe qui a parlé ?
Il s’agit effectivement d’une très jolie performance. Les joueurs savaient qu’il fallait mettre tous les ingrédients pour aller chercher cette victoire, qui nous permettait de valider une place en play-offs directement, plutôt que d’espérer terminer meilleur sixième des trois poules…. C’était exactement le succès qu’il nous fallait, ils ont été admirables de courage !

On sent justement que cet état d’esprit s’est forgé tout au long de la saison, à travers de très bons moments, mais également des blessures bousculant votre progression.
On sait pertinemment que dans notre sport, des valeurs collectives comme la combativité se retrouvent au cœur de la réussite. Alors, certes, parfois cela déborde un peu, mais c’est comme cela, nous sommes des passionnés (sourire) ! C’est seulement guidés par cette solidarité de groupe que joueurs et entraîneurs parviennent à s’exprimer. Ne pas rechigner à l’effort, être capable de se sacrifier pour le copain d’à côté, finalement prendre conscience qu’il faut être dans le dépassement de fonctions : voilà ce qui fait qu’aujourd’hui, nous intégrons ces play-offs.

Votre équipe de « petits jeunes » semble en tout cas retenir les leçons avec efficacité !
C’est vrai qu’avec notre moyenne d’âge de 25 ans - même si nous avons aussi des cadres expérimentés pour entourer cette jeunesse florissante - notre enthousiasme est une caractéristique première du rugby que l’on produit. Et quand cela marche comme à Anglet, c’est quand même sacrément beau à voir... Attention : loin de nous l’idée de se lancer des fleurs, mais on a vraiment pu voir sur ce rendez-vous que l’équipe avait passé un cap.

Il y avait pourtant déjà eu, au cours de la saison, quelques beaux échantillons de ce que ce Stade Nantais était capable d’accomplir…
Complètement. Je me souviens en particulier du déplacement à Cognac où l’on va chercher un gros résultat (23-15), ou encore face à Saint-Jean-de-Luz (31-27) et Tyrosse (28-21) à domicile. Les défaites aussi ont conduit, parfois, à de grands apprentissages. Je pense par exemple au match contre Oloron (17-43) qui sur le coup nous a fait vraiment mal. Ce revers nous a permis de remettre les choses à plat, pour nous concentrer sur les fondamentaux, sur l’essentiel. Cela fait aussi partie des petits travers de ces jeunes joueurs, ayant régulièrement besoin de piqûres de rappel.

Quel va donc être le programme jusqu’au lancement de cette série de rencontres en huitième de finale contre Nîmes ?
On va quand même profiter de deux ou trois jours pour savourer (rires) ! On va bien évidemment se remettre vite au travail, après une petite coupure qui permettra de décompresser et d’évacuer un tant soit peu la pression d’une saison qui a été longue, rude, usante. A l’arrivée, nous avons récolté les fruits de tous les efforts consentis et c’est probablement cela qui va nous permettre de repartir de la meilleure des façons. On va forcément s’attacher à entretenir notre état d’esprit, puis se pencher sur les détails tactiques qui pourraient nous permettre de l’emporter et nous qualifier en quarts. À nous d’être capables de concocter quelques surprises ! En tout cas, ce qui est sûr, c’est que nous allons prendre encore énormément de plaisir. Quel régal d’entraîner cette équipe !

PLAY-OFFS

Du crocodile au menu !

Il faudra de l’appétit aux hommes de Moison pour passer ce premier tour de play-offs, programmé face à un adversaire inédit : Nîmes. Un vent de nouveauté s’annonce donc pour stimuler les ambitions, sur le Boulevard des Anglais !

Ce ne sera pas gare au gorille, mais bien « Gard » aux crocodiles ! Pour espérer voir l’étape suivante, Coisy et sa troupe mettront en effet le cap au sud, avec au menu des Nîmois décidément en grande forme, que cela soit dans les joutes de l’élite handballistique ou en football (en passe d’accéder de nouveau à la Ligue 1) ! « On va aller chercher un peu le soleil ! », sourit Bertrand Guilloux. « Blague à part, ce qui est bien avec ce tirage, c’est que l’on va pouvoir s’étalonner face à une équipe d’une autre poule. Cette découverte, cette autre saveur est très importante à mes yeux, pour tenter de confirmer toutes les bonnes choses réalisées au cours de la saison régulière. Cela fait plaisir d’avoir l’opportunité de changer un peu d’air. »

Nîmes, au cœur du jeu

Même si les Nantais n’ont pas encore eu le temps de se plonger pleinement dans l’analyse vidéo de leurs futurs adversaires, la réputation des Gardois n’est plus à faire. Équipe très entreprenante et portée sur l’offensive, Nîmes a terminé dauphin de la poule 4 (derrière Mâcon) avec treize matches gagnés pour sept défaites. Au passage, les Gardois ont cumulé le plus grand nombre de points en bonus offensif dans leur groupe (6). Un profil très joueur donc, qui plaît déjà au technicien nantais : « Cela nous va bien ! Nous sommes animés par le même esprit et cela promet donc deux rendez-vous qui, j’en suis certain, assureront le spectacle. Nous avons quinze jours pour bien nous préparer, trouver le bon équilibre entre l’enthousiasme et les quelques moments de flottement qui, parfois, nous coûtent cher. En revanche, ce que l’on ne changera pas, c’est notre capacité à toujours aller vers le jeu et l’attaque. On sait que notre groupe très jeune est encore évidemment très perfectible, mais qu’il est aussi capable de grandes choses... même dans l’improvisation ! »

Une vision partagée par tout le staff, conscient que tout est envisageable à l’occasion de ces play-offs. C’est simple : une nouvelle compétition commence, avec un réservoir d’adrénaline au beau fixe ! Après avoir travaillé, bataillé dur pendant neuf mois, place maintenant à la récompense ! Encore faudra-t-il passer ce pont du Gard, avec un retour prévu au stade Kaufmann, puisque Nîmes a bouclé l’exercice avec un meilleur classement à la clé (2e contre 4e). Alors, messieurs les Nantais, offrez-vous une épopée !

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Au pied du mur à maintenant un petit mois du verdict final, les Nantais ne doivent plus tergiverser : afin d'atteindre l'absolution et de signer un nouveau bail en Pro B, pas question de faire de leur dernière ligne droite un chemin de croix.

Le visage est marqué, creusé par la pression et l'urgence des résultats. Jean-Baptiste Lecrosnier a toujours donné de sa personne pour voir - fût un temps la relève, désormais la locomotive - performer. Alors se retrouver avec le couteau sous la gorge ne peut qu'imposer de puiser dans les dernières forces. Pourtant, les victoires se font trop rares pour remplir le compteur et la dernière en date fin avril à Mangin (face à Caen, 81-74, après prolongations) se doit d'être révélatrice, à défaut d'être définitivement salvatrice. « La première des choses c’est que cela fait du bien de gagner… tout court ! Encore davantage chez nous, car nous avons besoin de sentir que les gens nous poussent », souffle le coach d’une formation nantaise qui courait après un succès sur son parquet depuis… le 27 décembre 2017 !

« Je félicite les joueurs pour leur abnégation. Certes, il y a encore des erreurs techniques, mais dans le reste on y est… »

Ce soir-là, ils ont amené la meilleure des réponses sur le questionnement perpétuel, concernant leur investissement. Les difficultés sont là mais impossible de renier qu’ils affichent des valeurs combatives chevillées au corps. Autre atout sur lequel capitaliser : un socle défensif bien en place, qui se révélera tout simplement essentiel pour espérer préserver une place en Pro B. « On est en mission », rappelle le technicien du NBH, « et on ne lâchera pas. Maintenant, le calendrier nous proposera des confrontations face à des équipes qui elles aussi auront encore des choses à jouer. Surtout, il ne faudrait pas se retrouver dans une nouvelle configuration en prolongations à l’avenir, car cela nous met encore plus dans l’embarras. Il ne faut pas non plus se leurrer : c’est la situation globale qui rend l’équipe fébrile dans les moments où elle pourrait pourtant conclure... »

« Retrouver le plaisir de jouer »

La question reste donc désormais de savoir si la victoire à domicile contre ces Normands aura été suffisante pour déclencher un véritable électrochoc chez Chris McKnight et ses coéquipiers. On l’espère de tout cœur, car pour aborder au mieux le sprint final dans cette opération maintien, il sera nécessaire de faire fructifier un tant soit peu la confiance collective. « Je vois enfin davantage de mouvements, un ballon qui bouge avec plus de fluidité et donc, fatalement, une adresse qui retrouve une certaine consistance. Les gars ont du talent, mais sont aussi très impactés par les mauvais résultats concédés ces derniers mois... Il faut qu’ils se libèrent, qu’ils retrouvent du plaisir à jouer tout simplement. C’est en insufflant plus d’enthousiasme que l’on pourra sûrement débloquer certains freins, se sortir de certains problèmes aussi. »

Signe plutôt encourageant : les Nantais ont réussi à se serrer les coudes avec efficacité malgré l’absence dans la raquette de Waverly Austin. L’indisponibilité du joker médical de Laurence Ekperigin - qui avait été prolongé afin de compenser le départ vers Évreux d’Alexandre Gavrilovic - pourrait nécessiter un remplaçant, si sa blessure venait à s’éterniser. « Ce qui est certain, c’est que quelle que soit la manière dont on gagne, si on a envie d’aller aider le pote un peu plus, cela fonctionnera toujours mieux. Tout le monde a quelque chose à offrir au collectif ! » insiste le coach nantais. « On ne fera pas l’économie du moindre détail ». De la vista et de la grinta : ce maintien vital passera assurément par là…

TROIS QUESTIONS A...

Lamine Kanté : « Impossible de penser à la relégation… »

Il a fallu attendre la der d’avril à la maison pour entrevoir une éclaircie avant l’ultime rush !

Enfin, la première victoire en 2018 et également la première me concernant sous les couleurs nantaises… Quel soulagement ! Ça a été super compliqué car, comme d’habitude malheureusement, on s’est relâché sur la toute fin de match. Sincèrement, on a eu de la chance... Cela a été quelque chose d’aller chercher la prolongation et de la gagner, mais à l’arrivée on a joué avec le feu et on s’est fait peur. L’aspect positif à retenir de ce scénario, c’est que nous avons montré de vraies valeurs de guerriers, nous n’avons pas lâché le moindre centimètre carré.

Comment expliquez-vous ces changements de visage, du tout au tout en quelques instants ?

Difficiles à décrypter… Je sais une chose en tout cas : ce manque de régularité est extrêmement dangereux ! Honnêtement, je suis bien incapable de savoir pourquoi on déconnecte, parfois, de cette façon… On se retrouve à paniquer pour rien, on joue comme si on subissait la pression à l’extérieur.

Justement, en mai, il va falloir négocier les rencontres hors de vos terres pour vous mettre définitivement à l’abri…

Quand je regarde le calendrier, je me dis que toutes nos dernières confrontations sont abordables, sans évidemment manquer de respect à nos futurs adversaires. Il faut être confiants de nouveau, trouver les ressources pour gagner les derniers matches au menu de cette longue saison. C’est impossible de penser à une éventuelle relégation…

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A la Jonelière, Koffi Djidji évolue en terrain conquis. Pur produit du cru, le défenseur nantais y a ses repères, ses attaches, ses habitudes aussi, depuis plus d’une décennie. Utilisé très régulièrement lors de la phase aller de L1 par Ranieri, « Kof’ » vit un début d’année 2018 par intermittence, souvent cantonné à un rôle de doublure. Pourtant, en tant que garant de l’esprit maison, l’intéressé entend apporter un supplément d’âme, au moment d’aborder le sprint final. Pour Koffi et les Canaris, la quête européenne passera par une mobilisation générale ! Entretien vérité - réalisé fin mars - avec un joueur aussi affable qu’ambitieux. Koffi sans filtre.

Depuis mi-février et un déplacement à Nice, votre temps de jeu est resté figé. Comment vivez-vous cette situation ?
Je ne me suis jamais plains. Cette saison, j’ai appris à m’habituer à pas mal de facteurs, notamment le fait d’être repositionné sur les côtés, alors que je suis un défenseur central de métier. Je ne cherche à mettre la pression à personne, je garde ma ligne de conduite, qui consiste à essayer de répondre présent lorsque l’on fait appel à moi. Je reste d’attaque, mobilisé physiquement et mentalement pour aider le groupe à bien négocier cette fin de saison.

Après avoir été aligné milieu défensif par Conceição, vous avez régulièrement été exilé dans un rôle de latéral cette saison...
Là encore, je m’adapte. Cette année, j’ai évolué dans l’axe, à gauche et même à droite, donc il a fallu s’approprier ces postes. Evidemment, j’ai plus de sensations en charnière centrale, mais je respecte les choix du coach et je préfère en tirer des enseignements positifs. En fait, lorsque j’évolue dans le couloir gauche, j’appréhende ce positionnement comme s’il s’agissait de mon poste de prédilection. J’essaie de faire de mon mieux, et dans l’ensemble je pense que cela s’est plutôt bien passé. Après, je sais très bien que je n’apporterai pas autant que des latéraux de formation sur le registre offensif. Je suis également droitier, ce qui nécessite une double adaptation. Sur les centres, je travaille mon pied gauche, mais ce n’est pas inné. Un latéral moderne monte beaucoup, mais je me focalise surtout sur ma tâche défensive, mon cœur de métier. Réaliser toute une saison à ce poste n’est pas simple, mais je compose avec.

Comment jugez-vous la deuxième partie de saison nantaise ?
Depuis janvier, on a laissé filer des points en route, alors il va falloir se battre jusqu’au bout ! Après deux mois délicats, on a rectifié le tir collectivement en mars, même si nos deux déplacements à Marseille et Metz (1-1) nous laissent un goût d’inachevé. Certes, on a parfois été pénalisé par des fautes d’arbitrage (face à l’OM notamment), mais on assume également notre part de responsabilité, car il faut savoir tuer les matches avant. Surtout, on a été moins efficace sur cette phase retour, mais attention, tout n’est pas à jeter ! En 2018, on peut s’appuyer sur certains matches référence pour nourrir des ambitions : je pense à la prestation en termes d’impact et d’engagement au Stade Vélodrome (1-1), ou encore à la victoire à Guingamp (3-0).

Après le couac face à Saint-Etienne (0-3), avril s’annonce décidément copieux ! Envisagez-vous ce mois comme le plus déterminant de la saison ?
Oui, il s’agira clairement d’un mois capital. On entre dans le moneytime, alors on doit garder la tête sur les épaules en étant ambitieux mais surtout… cravacher ! Il faudra aborder nos déplacements à Monaco puis Lyon avec le même état d’esprit que celui affiché à Marseille. A l’aller, on a livré deux beaux combats contre ces formations de haut de tableau (0-0 contre l’OL, 1-0 face à l’ASM), donc on aura une carte à jouer. On a les armes pour les embêter à nouveau, et de toute façon on n’aura pas le choix si l’on veut rester au contact au classement ! Ce sera important de se jauger sur ces affiches qui sentent l’Europe… En trois semaines, on va devoir contenir Falcao, Khazri ou Mariano sur le plan défensif. Ce seront de vrais révélateurs de notre capacité à viser plus haut.

Le temps fort qui se profile, c’est également un derby bouillant face au voisin rennais !
Incontournable ! J’ai grandi ici, je sais donc particulièrement ce que cela implique en termes de ferveur (sourire). Déjà, lorsque l’on évoluait au centre de formation avec la génération 1992 (avec Jules Iloki notamment), on savait qu’il s’agissait d’un match à part. D’ailleurs, je crois bien que nous n’avons jamais perdu le moindre derby en jeunes ! A l’étage supérieur, la rivalité est décuplée et cette année tous les ingrédients sont réunis : Rennes est un concurrent direct pour l’Europe, le club fêtera ses 75 ans à l’occasion de ce choc et… La Beaujoire attend un succès dans le derby à domicile depuis 13 ans ! Et puis, à titre personnel, j’ai également une revanche à prendre, suite au match aller (1-2)…

Expliquez-nous…
Sur l’ouverture du score rennaise (en novembre dernier), je suis impliqué sur le premier but hors-jeu de Khazri. Pourtant, je peux l’attester : je ne touche pas le ballon, c’est bien Gourcuff qui emmène cette action ! Au Roazhon Park, on a été contrarié par des faits de jeu préjudiciables, mais paradoxalement on avait livré une belle deuxième mi-temps, à 10 contre 11 (après l’expulsion de Nicolas Pallois). Au regard du contexte de cette rencontre, cela nous a fait mal au cœur. Alors, on entend bien répliquer à la maison…

Rennes, est-ce l’adversaire que vous craignez le plus dans cette course à l’accessit européen ?
Non, je préfère paraphraser Abdoulaye Touré, qui a tout résumé : « La seule chose à craindre, c’est nous-mêmes » ! Il ne faudra pas se tromper dans cette dernière ligne droite, car nous sommes restés plusieurs mois accrochés à la 5e place, ce n’est pas anodin ! On a les moyens de réaliser une fin de saison positive, et d’aller chercher ensemble ce billet tant espéré. On veut atteindre cet objectif pour nous, pour le club, pour les supporters… et aussi pour Dag’ (Philippe Daguillon, le kiné historique du club, décédé en mars). Je l’ai côtoyé pendant plus de 10 ans et c’était une personne formidable, humainement et professionnellement parlant. La Beaujoire lui a rendu un superbe hommage, alors ce serait fort de lui dédier cette qualif’ en mai…

Fin janvier, vous avez honoré votre 100e apparition en pro, dans la peau d’un Canari. Comptez-vous vous inscrire encore à long terme dans le paysage nantais ?
Evidemment, passer ce cap permet de mesurer le chemin parcouru. J’ai atteint les 100 rencontres, mais je ne m’arrête pas aux chiffres, car il ne s’agit que d’une étape dans ma carrière. Je suis un enfant de la Harlière et Nantes a toujours été le club de ma ville, mon club de cœur ! J’ai vécu des moments intenses sous ce maillot, à l’image de mon 1er but, inscrit face à Montpellier en L1 (2013-14). Je cultive un vrai attachement pour ces couleurs, mais je reste aussi un travailleur et un compétiteur… qui en veut toujours davantage. Aujourd’hui, à 25 ans, je ne peux me satisfaire de 20 titularisations par an, j’ambitionne de jouer tous les week-ends.

Dans ces conditions, quid de votre avenir ?
J’ai prolongé en mai 2017 mon bail pour trois saisons supplémentaires. Je suis donc lié jusqu’en 2021 avec le FC Nantes, et je ferai un point sur ma situation en fin de saison, que l’on soit européen ou pas d’ailleurs. Honnêtement, ce n’est pas le moment de se pencher sur ces considérations. Jusqu’au 19 mai prochain et le dénouement de cette Ligue 1, une seule chose compte : le terrain ! Et j’espère avoir un rôle à y tenir.

SA SAISON A LA LOUPE

- Ligue 1 : 22 apparitions (20 titularisations) (9V, 5N, 8D) après la 31e journée

- 1786 minutes de jeu

- 8 clean sheets quand il est aligné (22m)

- 1 carton jaune (20 fautes commises, 4 subies)

- 7 tirs, 2 cadrés

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Elle reste encore pour beaucoup d'habitués de Mangin « Caro la meneuse » et pourtant celle qui a raccroché définitivement le short et les baskets a bel et bien tourné la page. Pour écrire le nouveau tome d'un roman qu'elle espère aussi riche sinon plus, à l'encre des entraîneurs.

Quand on lui pose la question de savoir si des saisons aussi épiques sont des accélérateurs de croissance, la réponse ne souffre d'aucune incertitude : la boulimique de travail qu'est Caroline Aubert n'en perd pas une miette ! « Mon inexpérience fait que j'apprends de tout ! Que ce soit d’une saison plus linéaire comme l'an passé ou absolument... improbable comme cette année, d’un match de championnat ou européen : on vit tellement de choses ! », s’enthousiasme l’intéressée. « Il y a déjà eu pas mal de changements, il n'y a pas trop non plus de moyens de comparaison avec ce que j'ai vécu en tant que joueuse. »

Longtemps actrice (professionnelle de 1998 à 2014, Nantaise sur ses quatre dernières années de carrière), désormais plus observatrice, la meneuse formée à Lattes-Montpellier comme Lidija Turcinovic n'a rien perdu de son regard averti. Et surtout pas dans les moments difficiles. « Pour moi, le match le plus surprenant a été celui livré à La Roche-sur-Yon (54-79). Déjà parce que l'équipe était méconnaissable... et ensuite encore plus avec la réaction du groupe, comme un électrochoc. Mais sur le coup, j'avais honte. C'était clairement une sensation de malaise que je ressentais. Alors, moi qui reste toujours dans des interventions individuelles, il fallait que je dise deux-trois petites choses au groupe. On était descendu tellement bas... Même si tu perçois bien en amont quelques petits signes tout de même… »

Une histoire qui dure avec les jeunes

Cette vigilance accrue, Caroline Aubert l'a naturellement cultivée auprès des plus jeunes ouailles de son effectif. Sacrée championne du Monde UNSS avec Michaud et sa troupe en 2016, cette génération a continué à pousser au soleil du NRB... et la serre nantaise a vu de belles plantes passer en bleu sous, désormais, le tutorat entre autres de l'assistante d'Emmanuel Coeuret. « Amandine Michaud, je la suis depuis les minimes deuxième année », sourit l'ancienne Mondevillaise. « Je la revois faire un match en U18 alors qu'elle était U15 ! Alors, fatalement, les relations que je peux entretenir avec elle et Camille (Lenglet) ou Pauline (Desbois) sont particulières. Elles m'ont connue dans tous les rôles : joueuse, entraîneur, assistante et même maintenant dans le staff de la sélection U20 pour Amandine et Camille ! »

Les deux inséparables ont doucement gagné leur place dans le groupe pro pour aujourd'hui y tenir un vrai rôle. Une première marche ne pouvant faire plus plaisir à Caroline Aubert qui, au-delà des performances sur le terrain, voit une évolution plus profonde chez les deux demoiselles. « Des potentielles pros, tu n'en sors pas comme cela tous les ans. Mais c'est ce que je répète à celles me disant que pour elles c'est plus simple parce qu’elles ont le talent : c'est certain qu'elles ont un truc en plus, mais la route a été tout aussi difficile parfois ! Ce sont des bosseuses, les embûches ne sont pas que sur le parquet. On aurait très bien pu ne jamais voir Camille éclore, ou Amandine ne pas vouloir prendre conscience qu'elle ne devait pas se cantonner à une position de shooteuse. Ces réflexions qu'elles ont menées, voilà leur vraie force. »

Et à voir aujourd'hui la confiance accordée par leur coach, en phase ascendante, les conseils ont clairement porté leurs fruits...

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